S A R A S A R A dévoile son nouvel album Orgone

S A R A S A R A revient avec Orgone – un second album singulier et captivant!

FatherubuPosté par

Au milieu de nos pérégrinations estivales pour couvrir tous les festivals de France et de Navarre, nous avons reçu en écoute le second album de S A R A S A R A, nommé Orgone. Son premier opus, Amor Fati avait été unanimement salué par la critique lors de sa sortie en 2016, de même que sa version à capella parue en 2017. Pour ces deux disques, S A R A S A R A est sur le label de Björk, One Little Indian. Les esprits retors trouveront un certain nombre de similitudes entre les deux artistes! A l’instar de son ainée islandaise, S A R A S A R A propose un univers alliant la musique à l’image dans une recherche esthétique singulière. Il était donc logique pour votre webzine préféré (je l’espère!) de s’intéresser de plus près à cette jeune artiste pleine de talent!

Weirdsound : En préparant cet interview, en introduction j’ai cherché à te présenter, finalement, le plus simple c’est peut-être de te demander de le faire? S A R A S A R A qui es-tu?

S : Je m’appelle S A R A S A R A, j’ai 33 ans, je viens de la région Lilloise. J’habite Margate en Angleterre. Je viens de sortir mon second album, Orgone, sur One Little Records.

WS : Tu viens de sortir ton nouvel album, nommé Orgone. Tu es familière de l’œuvre de Wilhelm Reich je crois ? Au-delà de la référence savante, pourquoi avoir choisi ce nom pour ce second album ?

S : Oui le nom de l’album viens de là, j’ai découvert Reich il y a quelques années en étudiant la philosophie et la psychanalyse, et j’ai trouvé sa théorie fascinante, dans la lignée Nietzschéenne. Je savais qu’un jour j’écrirais autour du sujet. Je ne savais pas que ça serait mon second album à l’époque.

S : Au delà de la référence, je pense que le moment était opportun, comme une synchronicité. J’étais à un moment dans a vie où j’ai du m’interroger sur la force qui me poussait à continuer alors que toutes les chances étaient contre moi, j’avais quand même cette petite étincelle dans le ventre qui continuait à m’animer. J’ai pu mettre des mots sur ce qui m’arrivait grave à la philosophie et la musique.

La philosophie tient une part importante dans ma vie au même titre que la musique, c’est pour ça que les deux ne peuvent pas être séparés dans mon travail.

WS :Ton premier album se nommait quant à lui Amor Fati, en référence directe à la philosophie et à Nietzsche. Là avec Orgone on est plutôt dans le champ de la psychanalyse…c’est une forme de transition voulue entre les deux ? Ceci dit Si Nietzsche et Reich s’étaient croisés, ils auraient surement eu des choses à se dire ! 

S : La psychanalyse est une branche de la Philosophie et ça faisait partie de mon programme. Et puis Reich a été influencé dans sa pensée par Nietzsche et sa Volonté de Puissance bien sûr. Dans mon process et à travers mon expérience, j’y ai vu une continuité que j’ai eu envie de creuser.

WS : Orgone est un album pour le moins introspectif et qui aborde des thèmes qui te sont personnels. Pour rejoindre l’allusion à W.Reich, faut il y voir une forme de catharsis te concernant ?

S : Oui bien sûr, je ne sais pas si c’est le cas pour tous les artistes, mais mon travail est un travail d’introspection. Je pense qu’on ne peut pas regarder et juger le monde avant de comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur. Je pense que c’est là que tout commence et que nos circonstances et notre propre expérience sont créés par notre état interne. Je prends ceci très au sérieux, j’essaye de vivre par ce principe. J’ai envie de continuer sur cette voie, c’est ce qui m’a d’ailleurs emmené par la suite aux anciennes philosophies de l’Est qui se concentre sur ce principe, Hindouisme, Bouddhisme, Yoga. 

S A R A S A R A (2019)

WS : Tu as eu l’opportunité de travailler avec Liam Howe pour la production de ce second opus, c’est via le label One Little Indian que la rencontre s’est faite ?

S : Oui nous nous sommes rencontrés via One Little Indian, on a fait plusieurs tests en studio et le feeling est passé tout de suite. Liam est un sacré personnage, déjà, il est super drôle. Ensuite, il m’a laissé redorer son studio avec des cristaux de toute sorte. Et plus sérieusement, j’ai beaucoup aimé sa façon de travailler, il m’a aidé à former certaines chansons qui étaient parfois douloureuses, avec beaucoup de délicatesse. Sa technique est au top, c’est quelqu’un de très organisé, je me suis laissé portée. Il m’a appris énormément.

WS : On peut dire, sans exagérer, que Liam a un sacré CV en tant que producteur ! Comment s’est passé votre collaboration ? Tu as été libre d’amener tes idées ? d’expérimenter ?

S : Pour être claire, c’est une co-production. Comme sur le premier album, j’ai écrit la majeure partie des chansons, beats, mélodies et paroles. Nous avons travaillé ensemble sur certains titres, nous avons fait appel à Emma Rohan, une Topliner, pour les paroles et mélodies sur d’autres, certaines n’ont pas été touchées par rapport aux démos.

WS : J’ai ressenti, mais je peux me tromper, comme une prise d’assurance entre tes deux albums ! Sur Orgone, ta voix est nettement plus présente…En tout cas je trouve qu’il y a une vraie rupture avec Amor Fati !

S : Oui. Amor Fati, c’était ma première expérience avec la chanson, j’étais très timide, Je ne connaissais pas l’étendue de mes capacités en terme de création,  d’écriture, mes capacités vocales. Pour être honnête, je n’avais aucune idée de ce que j’étais en train de faire… C’était de la pure découverte. Depuis j’ai fait de la scène, j’ai travaillé en studio avec des gens qui ont plus d’expérience que moi en la matière, donc forcément j’ai pris de l’assurance. Je suis hyper excitée de travailler sur mon prochain projet avec ces nouvelles compétences dans mon sac à dos …

WS : Tu as quelques titres chantés en anglais, mais la majorité sont en français…pas trop dur d’être tiraillée entre deux cultures ?  Comment arbitres tu entre les deux ?

S : Je suis venue en Angleterre parce que j’avais besoin de changer de décor pour écrire à nouveau. Ça m’a fait me rendre compte que je n’avais aucune idée de ce que ça voulait dire d’être Française. Il fallait que je vienne ici pour m’en apercevoir. J’adore l’Angleterre, leur façon être et de penser, je me sens chez moi ici, mais je serais toujours Française. Je ne pourrais jamais renier cette partie de moi, que je pense, j’apprécie plus maintenant. Je me rends compte de l’étendue de notre culture, nos valeurs, nos coutumes. Tout ça est très différent ici. Les deux pays sont très proches mais à la fois très différents. Il faut s’adapter. Et parfois, j’avoue, j’ai le mal du pays. Je ne suis pas très loin, donc quand ça m’arrive et que j’a un coup de blues, je prends un train ou un ferry et je suis de retour en quelques heures.

WS : Pour le morceau Tinkertoy, tu chantes en bonne compagnie ! Comment c’est fait la rencontre avec Pete Doherty ? ça lui a plu de revenir à Margate ? 

S : En effet. On vit tous les deux à Margate, pour ainsi dire dans la même rue. Il se trouve qu’on a partagé un studio à Margate pendant environ un an, on est devenus amis et la collaboration, ça s’est fait naturellement.

WS : Le morceau Safe Word est vraiment étonnant ! Je trouve qu’il tranche réellement avec le reste de l’album et plus globalement avec le reste de tes productions…peux-tu nous expliquer comment tu as travaillé sur ce titre ?

S : Je n’ai pas travaillé différemment, je pense que l’énergie est simplement différente. C’est une chanson qui parle de colère et de vengeance, donc forcement ça se ressent dans les beats et la façon de chanter. C’est marrant tout le monde semble aimer ce titre, je suis la seule qui ne voulait pas qu’elle soit sur l’album. J’ai bien fait de ne pas m’écouter pour une fois.

WS : D’une manière générale, cet Orgone est surprenant, j’ai eu l’impression que chaque morceau avait son identité propre…c’est émotionnellement très puissant…

S : Merci, je pense que j’avais une grille d’écriture assez précise en tête. Chaque chanson parle d’un sujet précis autour du même thème. Je pense que ça donne de la force, du sens et une histoire à l’album. C’est comme ça que je le vois, dans ma manière très rationnelle d’analyser ce que je produis.

WS : Depuis toujours, tu apportes une grande importance à l’esthétique de ton projet. Le clip de Blood Brothers ne déroge pas à cette règle !  Tu as aidé à l’élaboration du clip ?

S: Oui, je participe à la direction artistique et technique de chacune des videos. Je travaille avec un de mes amis réalisateurs sur chacun des projets de videos depuis Amor Fati, on s’entend bien, on est sur la même longueur d’ondes. J’apprends à faire des films avec lui par la même occasion.

WS : Question classique pour une conclusion : quels sont tes projets pour la suite?

S : Tourner le plus possible avec Orgone cette année et l’année prochaine, developper la scénographie de notre show, faire des festivals. J’ai commencé à travailler aussi sur mon prochain projet …

S A R A S A R A – Artwork de l’album Orgone sorti le 05 juillet dernier

L’album Orgone de S A R A S A R A est disponible en versions physiques et digitales depuis le 05 juillet dernier, ne passez pas à côté de cet album atypique et unique en son genre, qui se savoure sur la durée!

http://indian.co.uk/shop/sarasara/orgone-2.html

https://sarasaramusic.bandcamp.com/album/orgone

Fatherubu

Co fondateur du site, il est doté d'une culture musicale allant de Carlos à Black Sabbath,en passant par Laurent Garnier et les Stooges.

Il fait son possible pour écrire des articles dans un français correct, tout en se prenant pour un grand photographe en devenir!
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