Slash sur la grande scène illumine le public du Hellfest 2019

Hellfest Day III : c’est ton dernier gig / Watt a show!

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Tristesse et bonheurs

Las ! Ce jour funeste où Slayer donnait son dernier concert en France. Il fallait être là pour voir ça. D’autant plus qu’autour du célèbre groupe de trash il y avait de nombreux potes. Tenez : Testament, Anthrax, Lamb Of God (sans Slayer, pas de Lamb Of God…), Trivium et bien d’autres (je vous invite à vous reporter à cet article) et avant ça, Yob et son doom mystique ! Pour clôturer le tout, un show exubérant et gigantissime de Tool que l’on avait pas vu depuis 2006, sauf erreur de ma part, en France.

Du lourd, du ying, du yang et du Clutch

Sous The Valley, par environ 35°C dehors où la poussière vole comme dans un western spaghetti, Mike Scheidt et ses deux acolytes, Aaron Rieseberg et Travis Foster (basse/batterie) vont asséner leurs coups de boutoir à une audience captivée par les rythmes lourds et les cassures d’ambiances des morceaux du trio d’Eugene, Oregon.

On reconnaitra The Screen, Beauty In Falling Leaves, Quantum Mystic ou encore Unmask The Spectre. Zen, Mike Scheidt arrivera sur scène saluant le public en joignant les mains, signe d’unification et d’harmonie entre corps et esprit, entre soi et les autres. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti lors de leur set : une unité de corps et d’esprit entre le groupe et le public. Peu de communication directe, mais une grande intensité.

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Sur le Mainstage 2,  Trivium (inspiré par le nom donné aux trois arts libéraux de l’enseignement médiéval : grammaire, rhétorique et dialectique. Un peu de culture, ça ne fait jamais de mal. Et hop! C’est gracieusement offert par Weirdsound) termine son set incendiaire et technique. Je ne suis pas familier de la musique du groupe, mais j’ai vraiment découvert un trash progressif (?) péchu et bien foutu, et un frontman qui sait faire bouger les foules.

Si Ziggy et votre serviteur ne sont pas visibles dans l’image, en tout cas ils sont dans ce coin là.

Bière et rock sudiste

Alors qu’il est l’heure pour une mousse bien fraiche, je m’installe avec un pote à l’ombre, accoudé à un des—très—nombreux bars, juste en face du Mainstage 1  où se produit Clutch.

Leur gros rock sudiste bien gras colle parfaitement à l’ambiance de cet après-midi :

Une bière, de la poussière…et Clutch.
Une bière, de la poussière…et Clutch.

Setlist selon setlist.fm (j’avoue ne pas connaitre assez bien le groupe pour reconnaître les titres…) :

Ghoul Wrangler, H.B. is in control, The Mob Goes Wild, Vision Quest, Gimme the  Keys, Noble Savage, The Face, Evil (reprise de Cactus), A Quick Death In texas, Electric Worry, X-Ray Visions, Firebirds!

Ziggy les avait vus et appréciés, au Hellfest déjà (The Valley) en 2017.

Les titans du trash débarquent

Et alors de la scène surgit une bête qui avait cinq têtes et vingt mains, et des lyrics de blasphème! (variation  libre autour de l’Apocalypse de St Jean) Le rideau de fond affichait en grandes lettres blanches : TESTAMENT. Et Testament joua. Ce 23 juin, c’était aussi l’anniversaire du débonnaire Chuck Billy! Parmi les titres, Brotherhhod of the Snake, Practice what you preach, Electric Crown… et, happy birthday to Chuck, entonné par la foule, grand moment d’émotion lors duquel il m’a semblé apercevoir une larme sous l’œil du chanteur (à la fois, sur les écrans géants…). Pour finir, Disciple of The  Watch et The  Formation of Damnation. En dépit de la taille de la scène et de l’immense foule massée devant, il y avait une impression de vrai communion entre le public et le groupe. Pendant ce temps, Ziggy allait étouffer dans la chaleur de la salle de conférence pour écouter Ben Barbaud (On essaie d’être pro chez weirdsound!)

L’heure était venue de reprendre une boisson fraîche car le soleil tapait dur! Et il fallait être frais pour le show des rigolos d’Anthrax prévu à 18:45.

Fan de la première heure, je n’avais jamais eu la chance de voir les californiens, groupe historique s’il en est du trash, sur scène. J’attendais donc ce moment avec impatience. Anthrax, c’est, rappelons le, un des groupes qui a initié le crossover, mélangeant punk, hard rock, rap… et qui figure parmi les inventeurs du style. Il ne faut pas oublier non plus l’inénarrable S.O.D. (Stormtroopers Of death) et son Speak English Or Die, groupe éphémère créé au début des années 80 par Scott Ian et Charlie Benante (Anthrax), Dan Lilker (Anthrax, puis Nuclear Assault) et Billy Milano. La bande son des skaters des eighties par excellence.

Dès les premiers accords de Caught In A Mosh, on peut voir le guitariste diablotin en short sautiller partout. Non, Angus Young n’était pas invité, mais Scott “Not” Ian a toujours autant la niaque et enchaine courses le long de la scène, sauts de cabri et parties de jambes en l’air dont il a le secret. Enchaine la cover sur-vitaminée de Got the Time de Joe Jackson qui a pour effet de déclencher des moshs et autre circle pits et ne fait qu’ exciter le public. Méchant, méchant Anthrax qui n’a aucune considération pour les fans qui brûlent et se déshydratent au soleil! Et pour couronner le tout, voici la playlist qui vous donnera une idée de l’enfer pour ceux qui sont restés bloqués devant la scène : Enilnikuufesin (NiceFuckinLife), I’am The law, Now It’s dark, In The End. Belladonna hurle : “Do you like french metal? Do you fuckin’ like french metal?” Bien évidemment le public tremble de bonheur et répond que “oui, bien sûr monsieur“. Car il sait qu’est venu le temps de la reprise d’Antisocial de Trust. Un petit couac rigolo viendra interrompre le mythique Indians en fin de set. je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, mais il semblerait que Benante ait eu un problème de pédale ou de batterie. Toujours est-il que nous aurons droit à une fin rallongée du morceau et partirons donc vers de nouveaux horizons musicaux les oreilles rassasiées, pleines de trash joyeux et pas sérieux (quoique Indians soit un plaidoyer très sérieux pour la cause des natives americans).

Le petit accident de Charlie Benante :

 

Une petite pause s’impose alors avant d’entamer la dernière ligne droite!

Entre l’agneau de Dieu et l’ange de la mort!

Alors que les survivants de Lynyrd Skynyrd reformés il y a plus de 30 ans achevaient leur set sur le Mainstage 1, des drapeaux US noirs et blancs à une étoile noire flottaient au vent sur la scène d’à côté. Les sulfureux membres de Lamb Of God, LOG, se préparent à enflammer le Hellfest. Bien qu’ils existent depuis plus de vingt ans, je n’avais jamais prêté l’oreille à leur musique. Honte à moi! Un groupe aussi influent dans la mouvance actuelle, fer de lance du renouveau du métal de l’autre côté de l’Atlantique. Quand même!

Allez, je suis sympa, je vous mets l’intégralité du concert ci-dessous. merci Arte!

Setlist :

Omerta, Ruin, Walk With Me In Hell, Now You’ve Got Something To Die For, 512, Engage The Fear Machine,  Blacken The Cursed Sun , Hourglass, Descending, Laid To Rest, Redneck

Le groupe a au moins conquis un nouvel amateur—à défaut de fan— ce soir là, mais aussi convaincu Ziggy d’écouter ça de plus près!

Je quitte la foule dès la fin du dernier accord pour aller faire la queue sous l’écran géant de la Mainstage 2. Pendant plus d’une heure, j’aurai droit à des images gigantesques de Slash et Myles Kennedy avec leurs Conspirators, déformées par la perspective. Le show est bon, très au point. À l’américaine. Slash assure grave, le batteur—sosie d’Alan Rickman, vous savez, Severus Rogue—arbore fièrement son T-shirt Motörhead, on sent que Brent Fitz aurait voulu être Mickey Dee à la place de Mickey Dee. Mais non.

 Slash vus de loin! Hellfest juin 2019 photo 3 weirdsound
Slash vus de loin! Hellfest juin 2019 photo 3 weirdsound

Bon, au bout de quelques titres, j’avoue que je me lasse un peu. Est-ce la station debout qui est la mienne depuis le matin qui me fatigue, ou les gimmicks de vieux beau de Kennedy? Ou leur musique finalement assez aseptisée? Bref, je piaffe d’impatience, je trépigne en me disant que j’aurai certainement la chance de faire quelques clichés de près de  Tom, de Kerry ou de Gary! Welcome to Slayer!

Vous savez quoi? Et bien la patience n’est pas toujours récompensée. J’aurai attendu pour rien et me ferai refouler à quelques mètres de la barrière. P…ain de vie de merde—dans un monde de merde. Tant pis, j’aurais quand même le plaisir de voir le dernier gig français des trashers de l’enfer. Je verserai une petite larme à la fin en me rappelant mon picture disc de Live Undead acheté à l’époque—en 198…—et qui disparut mystérieusement de ma discothèque après le passage d’un “ami” à la maison.

Autant vous dire que Ziggy a peu apprécié le show. C’est vrai qu’ils ont assuré le service minimum quand même. Pas de communication avec le public, sauf à la fin, et une setlist qui est la même tous les soirs, adaptée au temps de show autorisé par les festivals. Oui, il y a eu Raining Blood, oui il y a eu Angel Of Death—ils ont même fini avec ce titre. Mais bon, il y avait un je ne sais quoi de lassitude dans leur attitude.

Parmi les titres, Repentless, World painted Blood, War Ensemble, Chemical Warfare, Seasons In The Abyss, Hell Awaits, South Of heaven, Raining Blood, Black Magic, Angel Of Death

Et la lumière fut! Tool!

 Tool Hellfest juin 2019 Photo 2 benoit weirdsound
Tool Hellfest juin 2019 Photo 2 benoit weirdsound

Alors que le public était bien chaud après le dernier show des guerriers de l’enfer, sur l’autre grande scène, les écrans se drapaient de lueurs bleues. “Are you ready to follow us in our quest?” demande  Maynard James Keenan. “Ooooouuaiiisyyyyeahhhhh!” répond la foule enthousiaste. “Well, we’re just gonna play some songs, you know.” Pan! Sur le bec. Plus personne ne moufte. Et sonnent les premières notes d’AEnema. Ça calme.

L’ensemble du set sera dans cette tonalité : entre tension et faux départ. Le groupe a le truc pour créer des ambiances musicales planantes et hypnotisantes. Le light show est tout simplement énorme et les projections psychédéliques semblent tout droit sorties du rêve d’un shaman qui aurait gobé des champignons moisis. Ça ne bouge pas beaucoup dans le public. Les morceaux ne s’y prêtent guère. Mais, malgré tout, si quelques personnes quittent le concert, nous sommes tous absolument fascinés par l’énormité du show. Sous une débauche de watts et de lumière, les titres prennent une ampleur sublime, habillés par ces couleurs, souvent bleues, parfois rouges. Quelques gouttes de pluie s’invitent et repartent aussitôt. Les musiciens ne bougent guère sur scène. Pas besoin, leur musique suffit. Keenan restera sur l’estrade, esquissant de temps en temps quelques gestes, durant l’intégralité du concert. Le choix de titres relativement calmes apaise le public, et la voix du chanteur résonne dans la plaine Clissonienne quand il entonne a capella l’intro de The Pot. Suivront de nombreux extraits d’AEnima, 10 000 days, il me semble que le seul titre joué d’Undertow ait été Intolerance. Le final de Stinkfist est juste grandiose, la mélodie prenante et puissante du titre poussant l’émotion à son comble.

Encore une fois, les musiciens de Tool ont su manipuler et guider le public à leur guise, sans jamais céder à la facilité, clôturant magistralement cette édition 2019 du meilleur festival de metal de la planète (eh, c’est Randy Blythe qui le dit!) . Et ce n’est pas Ziggy qui me contredira sur Tool!

Tool Hellfest Juin 2019 Photo 4 benoit weirdsound
Tool Hellfest Juin 2019 Photo 4 benoit weirdsound

Allez, à l’année prochaine et merci à tous les gentil-les barman-maid, organisateur-trices, service d’ordre… et bénévoles qui ont rendu tout cela possible et sympa!

Mr Moonlight

Entremetteur! Non, pas celui qui concocte des entremets, mais bien un passeur. C'est cela Mr Moonlight, un amoureux de la musique sous toutes ses formes : du métal le plus extrême à l'électronica la plus douce. Pour vous servir
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