Photo de Wonkey, Pecoprod et Hugo Buret

Wonkey, Vague à l’âme

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Vague . C’est le titre qu’ils ont choisi, et c’est avec un certain amusement que nous pouvons presque vous affirmer que cet EP de Wonkey en fera….

Pourtant, c’est sur un nuage que vous aurez l’impression d’être durant l’écoute des 7 titres qu’il contient.

Pochette EP Vague, photo de Kevin Tex

Un univers bien particulier qui vous absorbe dès la première minute d’écoute. Le groupe n’a d’ailleurs pas choisi ce nom pour rien : il s’agit d’un jeu de mots entre Wonky qui désigne un genre musical électro-expérimental et de One-key, souvent utilisé pour désigner la culture ‘’junkie’’. Et même si il n’est jamais bon de s’en tenir à la couverture, l’essence musicale du groupe semble être contenue dans ces quelques mots.

Wonkey en concert
Wonkey en concert

Un autre terme pourrait néanmoins leur être attribué : audacieux. Par l’interprétation des chansons qui allient parfaitement le français et l’anglais.

Notre coup de cœur est attribué à Calypso Maracuja . La musique est à peine lancée que déjà le bruit des cigales en fond sonore nous interpelle. L’ambiance créée se retrouve ainsi tout au long du titre, dont le texte sonne comme un poème contemporain, entrainant et entêtant, comme d’ailleurs tous ceux qui se trouvent dans l’EP.

Ce premier titre donne la recette de ce qui fait Wonkey : un jeu de basse aux accents Funk, comme ceux du jeu du batteur.

Même si chaque titre semble être teinté d’une certaine ironie,  Vague  est celui où cela se fait le plus ressentir.

En effet, le trio pourrait aisément renverser tous ceux qui auraient le malheur de se trouver sur leur chemin.

Les références se multiplient, que ce soit tant dans les sonorités que dans les textes. Ainsi la boite de Pandore côtoie la figure de Neymar Junior, mélange savant qui revêt avec engouement les traits que Wonkey a bien voulu lui destiner.

Néanmoins, un certain sentiment de nostalgie s’en dégage. De prime abord, il nous est permis de penser que l’âme pourrait être envoyée pour venir effacer de notre pensée les tourments qui nous abiment. Or, il n’en est rien. La musique semble ici servir de prétexte, d’exutoire à un monde dont est décriée l’apparence et l’apparat.

Curieux d’en savoir un peu plus, c’est avec plaisir que nous avons pu poser quelques questions à  Wonkey :

Bonjour ! Merci d’avoir accepté cet interview. La première question n’est pas des plus originales, d’ailleurs vous vous y attendiez sûrement : est ce que vous pouvez me parler de vous, de l’histoire du Groupe .. ?

Alors on se présente, nous sommes 3 musiciens, on s’est rencontré au lycée, on était tous en option musique… Depuis on a toujours joué ensemble! Le projet Wonkey a maintenant un peu plus d’un an. Au début nous faisions quelques vidéos burlesques moi (Hugo) et Cameron, en mêlant de l’électro à de la funk et du hip hop lo-fi, et puis ça nous a tellement plu qu’on a finalement essayé de monter un projet concret en partant de ce délire entre potes. La formation a pas mal évolué puis s’est stabilisée depuis plusieurs mois. Du coup on a Quentin aux controllers (aux machines et à l’ordinateur), Cameron à la guitare/chant et Hugo au clavier/chant. On produit une symbiose de Hip Hop Lo FI teinté d’électro et de Jazz.

– On retrouve plusieurs styles dans vos composition, aussi bien soul que Funk en passant par des sonorités Hip-hop .. est ce un moyen pour vous d’accorder chaque mélodie au message que vous souhaitez transmettre dans vos textes ?

Oui en quelque sorte, après on a toujours eu la chance de s’intéresser à de nombreux styles musicaux différents, du jazz au funk en passant par l’électro et les musiques latines. C’est sûr que certains styles, comme la trap par exemple, appellent à adopter certains codes en termes de paroles, mais on a trouvé intéressant de s’écarter de ces dogmes et de finalement mettre les textes que l’on avait envie de dire sur la musique que l’on avait envie de jouer.

– Quelles sont vos références artistiques ? Quels Artistes vous ont influencé et /ou continuent de le faire ?

Comme je t’ai dit, chacun d’entre nous a un bagage musical assez large, mais avec de nombreux points communs tout de même. De base on a pas mal d’influences de RNB et Nu soul comme D’Angelo, Robert Glaspert, Phony PPL… mais aussi la nouvelle scène londonienne comme Tom Misch, Loyle Carner, Puma Blue. On a pas mal été influencé aussi par la vague de rap belge qui a sévi ses dernières années, comme l’Or Du Commun qu’on a eu la chance de rencontrer, ou les beat maker comme Le Motel ou Vax1. L’important est avant tout d’avoir un univers musical qui prend ses racines dans le jazz et le nu soul, pour le transformer en quelque chose d’entrainant et qui appelle à danser. En gros, prendre la beauté des harmonies jazz et la mêler à l’énergie du hip hop et de l’electro. Plus récemment on a intégré beaucoup de ce qu’on appelle la musique « lo-fi » c’est à dire en gros un peu DIY (fait maison), du coup les artistes comme Mac DeMarco nous ont beaucoup influencés, surtout en terme de texture sonore.

Vos clips sont hyper fantaisistes, on pourrait même dire décalés, même lorsque les textes sont un peu plus sérieux.. Pourquoi ce choix ?

Il faut bien rire la vie est courte ! Les couleurs vives font du bien au coeur, et sont parfois trop délaissées, il faut savoir apprécier la couleur. Décalés cela voudrait dire qu’il existe des clips plus calés, dans les clous ? On est toujours décalé par rapport à une norme. Je pense que c’est important de ne pas trop réfléchir à l’image que l’on donne, mais plutôt donner ce que l’on a au fond de nous. Puisque, quoi que chacun d’entre nous fasse dans la vie, il y aura toujours des personnes pour apprécier l’univers qu’on propose. Mais plutôt de donner l’image que l’on a au fond de nous, et à nous trois, oui, cela donne peut être quelque chose de décalé. On nous a déjà dit que nos textes étaient « porte manteau » dans le sens où chacun était libre de son interprétation, moi ça me va! Mais c’est vrai que nos textes parlent parfois de sujets un peu difficiles, comme le mal du pays, le harcèlement, les fins de relations amoureuses… les difficultés font partie de la vie, il faut tenter de vivre malgré tout !

– Beaucoup de vos morceaux sont interprétés en Anglais et en Français. J’imagine que ce n’est pas toujours évident de faire en sorte d’ajuster les sonorités des deux langues ?

Cameron est né en Angleterre, et moi (Hugo) en France, cela nous semblait sympa de mixer anglais et français. je t’avoue qu’on ne s’est pas vraiment posé la question de la sonorité de la langue, c’est venu naturellement, toutes les langues sont, par définition, des musiques à elles seules.

– Pouvez vous me décrire une journée d’enregistrement, Faites vous tout vous mêmes , ou êtes vous entourés de professionnels ?

On a la chance de produire nos sons nous-mêmes. Chaque instrument, chaque pièce de batterie, chaque petite voix que tu entends dans l’album a été minutieusement enregistré, mixé, produit par nos soins. C’est le propre de la musique Bedroom, maintenant on peut tout faire chez soi, à des coûts moindres que dans les années 70. On enregistre partout, mais surtout dans la chambre de Cameron, il est technicien son à la structure PAMA à Pessac, ça aide (c’est là bas que l’on répète également). Quand on a besoin de plus de matos, on va faire un tour là bas. Mais oui, nous faisons tout en indépendant.

– Je sais que vous avez participé à la demi finale du Tremplin musique des 2 Rives à Bordeaux, que retenez vous de cette expérience ?

C’était chouette ! À L’époque nous étions 4, avec ce fameux flutiste Léo qui a tout défoncé! Big Up à lui !

– Quel est votre meilleur souvenir de concert ?

On a eu plein de bons souvenirs, un me revient particulièrement en mémoire: ça a été un concert au StarFish Pub avec le rappeur Miniman, tous nos potes étaient là, dans une cave sombre, un néon rose derrière nous, les gars sont venus poser avec nous sur scène, c’était très très cool de jouer dans une cave !

– Avez-vous des projets de collaboration avec d’autres Artistes ?

Oui! On aimerai bosser avec Naë, une super chanteuse sur Bordeaux ou Crakazat, un dingue du clavier, il vient de Bristol il me semble!

Est-ce que vous avez envie de rajouter quelque chose?

Venez nous suivre sur notre page Facebook et sur les réseaux en générale! L’EP VAGUE est dispo sur bandcamp spotify, soundcloud, youtube… etc . Nos prochains concerts sont affichés sur le fb, au plaisir de vous retrouver ici et là !

– Dernière question, et non des moindres ! Si vous deviez choisir un mot pour qualifier Wonkey, lequel serait-il ?

Amour

Merci Wonkey, et bonne route !

Wonkey en concert à Bordeaux
Wonkey en concert à Bordeaux

Golden Rock

Étudiante en histoire de l'Art et envoutée par les accords mélodieux de Jimmy Page depuis son plus jeune âge, c'est avec plaisir qu'elle s'efforce de faire découvrir à travers quelques lignes les artistes qui ont attisé ma curiosité et ravi mes oreilles!
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