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Pleasures avant tout !

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Alors que sort la vidéo de leur second single « Feel It Rise », rencontre avec Stéphane Signoret, guitariste et co-fondateur de Pleasures. Bien calé dans l’espace bar du disquaire Lollipop, retour sur la genèse de « Feel It Rise », premier album aux huit pépites pop/rock de trois Marseillais et d’un Londonien exilé sous le ciel de Provence.

« Si je dois remonter un groupe, c’est avec ce chanteur que j’aimerais le faire. » On est en 2014, lors d’un concert à l’Espace Julien, lieu incontournable du paysage rock phocéen. Dans la foule, Stéphane Signoret, guitariste punk/rock des feus Neurotic Swingers, n’imaginait pas que ses paroles étaient prophétiques. Sur scène, Patrick Atkinson guitariste/chanteur des French Revolution, ancien pilier des Expressway (dans lequel jouait John Moore de Jesus And Mary Chain). Il joue avec cette aisance toute toute britannique.

« En France, on réfléchit beaucoup avant d’agir alors que les Anglais passent à l’action, ironise Stéphane. Lorsqu’on a parlé de l’idée de faire un groupe deux ans plus tard, Patrick a tout de suite répondu Let’s try. » Guitare Rickenbacker noir branchée sur un ampli Fender, bouton crunch enfoncé pour l’un et une Fender Telecaster reliée à un ampli Paevey pour l’autre. « My Generation » des Who et « Vicious » de Lou Reed sont les deux morceaux tests qui valident la naissance de Pleasures.

« Rapidement, on a commencé à écrire nos propres chansons. » Pour compléter le quatuor, Frédéric Coron à la basse et Miguel Escanez à la batterie structurent les ébauches de compositions trouvés par les deux guitaristes. Patrick, le Londonien, se charge des paroles.

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« En 2017, après avoir écumé tout ce que la région compte comme salles de concert, on décide de faire un EP. 4 titres enregistrés façon live au Studio « Les Locaux Bleus » par Rudy Romeur derrière le cimetière Saint-Pierre. Le mastering sera confié à François Fanelli du Sonics Mastering Studio. Le tout est rapidement bouclé, et comme il nous restait du temps, on a décidé de rajouter quatre autres titres. D’un EP, on est passé à un LP, s’amuse Stéphane. Lollipop Records nous ont signés et « Feel It Rise » est sorti le 30 mars 2018. »

« Nothing seems so easy » chante Pleasures

dans « Sweet Soul Loving »,

et c’est ce que l’on ressent à l’écoute de l’album.

 

Dans ce premier opus, on va forcément chercher des références. The Only Ones, Nick Cave, Jon Spencer Blues Explosion, dEUS, Black Keys, voire les Arctic Monkeys. Toutes les références sont là, en plus feutrées, détachées et décomplexées. « Nothing seems so easy » chante Pleasures dans « Sweet Soul Loving », et c’est ce que l’on ressent à l’écoute de l’album. Les Marseillais sont là pour ficeler de belles mélodies pop/rock sans fioritures, simples, directs. Fini l’adolescence. Mentions spéciales pour « Feel It Rise », » Who Cares the Way You Dance » et « Sweet Soul Loving », première partie plus pop de l’album avant d’enchainer avec des titres plus bruts dont « Healing » et ses paroles porteuses d’espoir « Can’t you see that I am healing, time is all I’m taking — All my pains are disappearing, all my pains are fading » au pont très George Harrison. « You Can’t Take It » et son riff hommage aux Kinks. « Another Day » aux fortes inspirations des Arctic Monkeys avant deux finir sur « Now I Believe » et « Shake It On Down » plus brut de décoffrage. Cet album ne fait pas dans la demie-mesure. Simple, direct et terriblement efficace tout en étant très soyeux, à l’image de la pochette.

« Lors d’une exposition au café-magasin de disques Lollipop (un des meilleurs disquaires de France selon un article du Monde), où nous buvions un coup, cherchant une idée de pochette, nos regards se sont portés sur ce photo-montage de Doog McHell. Un sous-marin volant dans un ciel nuageux. Ça collait bien avec « Feel It Rise », le titre de l’album. Et il y a un côté ambigu qui brouillait les pistes. L’original était en noir et blanc avec un petit côté cold wave. On a rajouté une couleur ocre qui a réchauffé le tout. »

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Depuis, le groupe enchaîne les concerts à travers la France et sort son premier single « Sweet Soul Loving » donnant lieu à un vidéo clip. « Marcia Romano et Benoit Sabatier venaient de réaliser une trilogie de road movies rock : « Le moral des troupes », « Amore Synthétique » et « Pastis Brut ». Trois films sur la jeunesse marseillaise. C’est très gentiment, qu’ils ont eu envie d’adapter « Sweet Soul Loving ». Ils ont eu carte blanche malgré notre budget ridicule. Ils ont écrit le scénario et choisi Ambre Hazelwood comme actrice et tournés ça en une journée. » On retrouve la jeune actrice déambuler dans les rues de Marseille, livrant des disques comme on livre des pizzas. Pour la petite histoire, Marcia Romano est scénariste pour François Ozon, Emmanuel Bourdieu ou encore Emmanuel Bercot. Benoit Sabatier, journaliste rock et romancier.

Le second single « Feel It Rise » vient juste de sortir. « On a à nouveau fait confiance au tandem Romano/Sabatier. Cette fois, on voulait faire un clin d’oeil au Marseille des années 70 et 80 avec des images d’archives. » avait suggéré Stéphane aux réalisateurs.

Le futur de Pleasures ?  « On repart en tournée pour quelques dates, et on a envie d’enregistrer le second album. On a déjà plusieurs titres et on espère faire ça cet été. Garder ce côté live, mais y additionnant des cordes et autres instruments pour enrichir nos compositions. L’envie de faire évoluer le projet. Pleasures avant tout. » Conclut Stéphane.

Matériel : Patrick Atkinson : Fender Telecaster US, Ampli Peavey. Stéphane Signoret : Rickenbacker 300, Ampli Fender. Frédéric Coron : Basse SG Epiphone, Ampli Ashdown Toneman C115 Evo III. Miguel Escanez : Batterie Ludwig fin 70’s

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