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Tremblez, le Villejuif Underground est de retour!

FatherubuPosté par

Photo en une par Camille Bokhobza

Il était une fois une petite maison en banlieue parisienne…

Il y a des groupes dont les sorties sont attendues, le Villejuif Underground fait dorénavant parti de ceux là. En deux années, la joyeuse bande a su s’imposer dans le paysage indé français comme étant une valeur sûre! Une vraie blitzkrieg musicale au regard des articles dithyrambiques à leur sujet, les voilà propulsés comme “sauveurs du rock”, rien que ça. Comment expliquer un tel engouement?

Cela tient surement au capital sympathie de ces quatre mecs. Faut voir le CV des gugusses aussi : un chanteur australien un temps sans papiers qui vit dans la cabane de jardin de la maison que les autres membres occupent, un clavier recruté par erreur, un grateux passionné de musique thaïlandaise et un bassiste au look improbable : on dirait le synopsis d’une comédie de série B sur une chaîne du câble.

On nous vendrait un beau story telling alors? NON! Tout est vrai! Et c’est ce qui rend le Villejuif Underground singulier. Là ou des armées de créatifs sèchent à inventer un branding digeste pour propulser dans nos télévisions des groupes sans grande imagination , les mecs du Villejuif se contentent d’être eux mêmes. Cette authenticité fait du quatuor un des phénomènes musical les plus excitant du moment.

Avant de passer à l’actualité, il faut peut être replacer les faits d’armes de ces Daltons du circuit DIY français. En 2016, le premier album du groupe sort sur le label SDZ Records, nommé simplement Le Villejuif Underground cette première galette, malgré des qualités sonores moyennes, révèle déjà le talent de la formation. Ils rejoignent rapidement l’écurie de Born Bad Records, où la sortie de l’EP Heavy Black Matters (2017) me donnera l’occasion de les découvrir! Cet EP est une petite merveille, porté par le titre phare Villejuif Underground, où sur une bande son groovy Nathan Roche nous narre ses démêlés avec les services de l’immigration française.

Le Villejuif Underground, titre tiré de Heavy Black Matters

Nous aurons l’occasion de les croiser à plusieurs reprises sur fin 2017 (à la Roche sur Yon et au Pôle Etudiant de Nantes), ces passages en live confirmeront tout le bien que l’on pense d’eux. Vu que nous sommes un peu fou fou chez weirdsound, on tentera même de réaliser une interview à Nantes, trop de bières auront malheureusement raison de notre professionnalisme, on passera ceci étant une bonne soirée à parler avec eux de PNL, de l’Australie, des filles et des coupes de cheveux de chacun. Et depuis alors?

Il s’est passé quelques événements notables dans la vie du groupe : Nathan Roche, le chanteur et parolier, vit dorénavant dans le sud de la France et il s’est marié, la célèbre maisonnette que le groupe occupait a été rasée suite à une inondation (voilà comment les promoteurs immobiliers traitent le patrimoine culturel!), Antonio, le claviériste, est parti s’installer en Bretagne…Bref, toute ces péripéties ont retardé la sortie du second album. Derrière cette attente se cache sans doute aussi une forme de pression, liée au statut collé sur le dos de nos quatre mousquetaires, sauveurs désignés du rock hexagonal! Difficile d’être décontracté dans ces conditions. Surtout que ces braves garçons n’ont jamais demandé un tel statut, eux qui avouent facilement que le rock n’est pas forcément leur religion.

Bon et ce deuxième album? On n’est pas là pour….les mouches!

Intéressons nous donc à ce second album, nommé When Will The Flies In Deauville Drop? Onze titres expédiés en à peine quarante minutes : va falloir accrocher vos ceintures. Le titre est plutôt cocasse, vous en conviendrez. L’explication est pourtant sibylline : Nathan a séjourné en Normandie et a pu constaté par lui même que les mouches de plage (qui n’a jamais été emmerdé par ces foutues bestioles?) sont aussi présentes à Deauville! Voilà pour le titre de l’album.

Dès le premier morceau, John Forbes, on retrouve nos marques! Nathan a toujours un je ne sais quoi de Lou (Vous savez le Velvet Underground, tout ça…) et les sonorités sont toujours aussi catchy et entrainantes. Une ritournelle bien agréable pour démarrer! Le morceau suivant, Sorry JC restera mon petit favori sur cet album! Nathan y fait ses plates excuses à John Cale pour s’être fendu la gueule au mauvais moment, lors d’un concert de l’illustre musicien à Brisbane en Australie.

J’ai regardé un concert de John Cale à Brisbane, et j’étais complètement défoncé en face de la scène. Il a fait une dédicace à un ami à lui qui nageait dans l’Hudson à New York et qui s’est noyé. Je pensais que c’était une blague, j’ai éclaté de rire, j’étais le seul mec dans le public à le faire.

On poursuit Postmaster Failure, avant de réentendre Wuhan Girl dont le clip a été dévoilé en fin d’année dernière.

La chanson fait référence à l’improbable tournée chinoise que le Villejuif Underground a fait il y a maintenant deux ans, suite à la rencontre d’une chinoise endormie sous les coussins d’un canapé sur laquelle ils s’étaient assis…Là encore une histoire loufoque, et pourtant, les gus se sont bien retrouvés en Chine! Le clip est un montage des déambulations des membres du groupe dans les rues chinoises, et c’est très drôle.

Dans le morceau suivant, les backpackers en prennent pour leur grade (ils l’ont bien cherché). On a déjà écouté la moitié de l’album mine de rien! OK les morceaux passent vite vu leurs durées, il faut sans doute aussi y voir une forme de continuité dans ce bordel organisé qu’est la musique du groupe. Allez? une confidence? Je bosse actuellement sur un papier concernant Serf Up!, le prochain album d’un de mes groupes préférés, j’ai nommé la Fat White Family. On pourra trouver une certaine connivence entre la bande de Nathan et celle de Lias Saoudi. Cette manière, en apparence anarchique, de s’en prendre à vos oreilles avec des morceaux semblant sortir d’un chapeau les uns après les autres. Dans les années 1920, les surréalistes auraient kiffé!

Sur Can You Vote For Me?, le groupe se fout ouvertement des derniers clips de campagne du Front National et de Marine Le Pen (ah oui c’est vrai, ils ont changé de nom…). Le morceau est sacrément cool, tendez l’oreille ci dessous!

L’album se termine sur le morceau Haunted Chateau, une obscure histoire de bicoque hantée qui conclue ces 40 minutes de musique de la plus belle des manières. On reste un peu abasourdi en se demandant ce qu’on vient de vivre…difficile de dire si on a aimé ou non, vous l’aurez compris, je vais être lâche et je ne vais pas me prononcer! Plutôt vous dire, qu’à force de coller aux basques du groupe, j’adhère à leur manière de faire, Du talent? Du génie? De l’escroquerie? Bien malin qui saura répondre. En attendant j’ai passé un bon moment couché sur mon canapé à regarder les mouches volées, en me marrant comme un imbécile sur certaines chansons, et c’est bien là l’essentiel. Car je pense que les 4 mecs du Villejuif n’ont d’autres prétentions que de faire le son qu’ils aiment, sans se soucier des commentateurs.

Liens :

When Will The Flies In Deauville Drop? est disponible dans toutes les bonnes crémeries, ou alors directement sur le site du label Born Bad Records. Pour les plus radins d’entre vous, ou bien les minimalistes, l’album est aussi en écoute sur les plateformes de streaming habituelles. A noter que le Villejuif Underground tourne un peu partout en France, nous aurons d’ailleurs l’occasion de les croiser au Printemps de Bourges le jeudi 18 avril prochain!

https://www.facebook.com/levillejuifunderground/

https://levillejuifunderground.bandcamp.com/album/when-will-the-flies-in-deauville-drop

Fatherubu

Co fondateur du site, il est doté d'une culture musicale allant de Carlos à Black Sabbath,en passant par Laurent Garnier et les Stooges.

Il fait son possible pour écrire des articles dans un français correct, tout en se prenant pour un grand photographe en devenir!
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