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Devil Master, Satan les habite

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Encore des fils de Satan! Oui, il y a comme une odeur de soufre dans l’air et des traces de sabots dans la boue sur cet album. Et le diable se cache dans les détails. Comme par exemple dans le nombre de morceaux du dernier album de Devil Master, Satan Spits on The Children of Light…13—j’aurais presque attendu un LP d’une durée de 66mn et 6s! Si ce n’est pas un chiffre symbolique ça ! Même si le treizième titre n’est qu’une reprise de l’instrumental de l’introduction. Certes on ne satan (ah, ah, ah) pas vraiment à de la finesse quand on appuie sur play ou quand on pose l’aiguille sur les microsillons. Et les gars ne font pas dans la dentelle—j’ai remarqué d’ailleurs qu’ils n’en portaient pas. Et il y aurait même un véritable sataniste au sein du groupe selon nos informations ! Diable ! Ce ne sont donc pas juste quelques ados (ils ont en moyenne vingt ans) qui s’amuseraient à se maquiller et à arborer des croix à l’envers ? Encore un énième groupe de Black, diront certains. Erreur. Devil Master allie ce qu’il y a de meilleurs dans les deux mondes du punk et du black. À savoir une énergie communicative et un chant de possédé à faire pâlir Cronos de Venom lui même.

Formé autour de Darkest Prince– sous son line-up actuel en 2016—le groupe revendique effectivement une sorte de satanisme de fête foraine. Ni réellement Laveyen (un satanisme athée qui se réclame de l’individualisme ridiculement anti-social d’Ayn Rand et d’une interprétation douteuse de Darwin et de Nietzsche), ni réellement sataniste au sens traditionnel. Eux mettent en avant une imagerie démoniaque faite de zombies, de succubes et d’hédonisme égoïste. Donc, un crétinisme entre Ramones et The Stupids version sataniste. Mais, Devil Master, c’est aussi un syncrétisme entre black et punk aussi bien musicalement que « philosophiquement ». Et si, philosophiquement on peut douter de la validité du résultat, musicalement, sur album, c’est plutôt sacrement jouissif et convaincant.

À la suite d’une intro déglinguée jouée sur un piano désaccordé, ce qui tend à montrer que les métalleux manquent sérieusement d’imagination lorsqu’il s’agit de composer une intro d’album, après donc ce passage obligé, c’est un déluge de disto et de chorus rythmé par une batterie épileptique branchée sur 220 qui déboule dans les oreilles. Le son oscille entre un Cocteau Twins sous amphet et un Motörhead passé en 45t-Christ Last Hiss, par exemple. C’est dire qu’on se marre. Et c’est de toute façon le but avoué du groupe qui revendique clairement le côté entertainment de sa musique et de ses shows. C’est du côté des japonais de Zouo qu’il faut chercher l’impulsion qui a poussé les Philadelphiens à se lancer dans cette voie étroite satanistico-punko-metal. Sauf que chez Devil Master, les riffs s’enchainent à la vitesse de l’éclair, les guitares se répondent, entament des mélodies à la tierce ou à la quinte. Les rythmes ralentissent, repartent. Bref, ils savent jouer. Enfin, mieux que les zozo de Zouo de toute manière.

« When we started, the basic influence was Japanese hardcore, » Darkest Prince

Est-ce l’énergie nécessaire déployée pour chaque morceau qui les brident, mais aucun des treize titres de l’album ne dépasse trois minutes. Même le chaotique Her Thirsty Whip qui commence par un riff qui aurait presque trouvé sa place dans les premiers enregistrement de Maiden, se termine par quelques dizaines de secondes d’accalmie musicale. Comme tout titre de grind ou de hardcore qui se respecte, on retrouve en effet le déferlement incontrôlé et brutal de guitares et de growls démoniaques sur une durée de quelques secondes qui parfois arrivent à faire des minutes. Il y a une énergie et un « jemenfoutisme » technique qui rappellent les premiers Broken Bones ou Discharge dans ces jaillissements sonores qui manquent de dérailler à chaque changement de tempo ou relance de guitare. C’est que, malgré tout, parfois les doigts s’emballent et le côté punk l’emporte. Au diable la technique et le riff proprement joué, vive l’efficacité! Et c’est ça qui y est bon!

Pour nous donner l’eau à la bouche, Relapse avait mis leur premier album en full stream.

We’ve created an elemental spirit that we’re putting our energy into, and we’re just going along with it.

Ce qui ressort de l’album, c’est une sorte de créature sonore maléfique, brouhaha strident et furieux qui donne comme une grosse envie de secouer la nuque dans tous les sens et de mettre le disque en boucle. Satanique (ta mère) qu’on vous dit!

Chez Relapse le 1er mars.

Starring :

Darkest Prince-Guitar
Disembody-Vocals
Del-Drums
Spirit Mirror-Bass
Hades Apparition-Guitar

Mr Moonlight

Entremetteur! Non, pas celui qui concocte des entremets, mais bien un passeur. C'est cela Mr Moonlight, un amoureux de la musique sous toutes ses formes : du métal le plus extrême à l'électronica la plus douce. Pour vous servir
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