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Auren : Un sacré Numéro de Folk-Pop à la française

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Paris, le 30 janvier 2019.

J’ai rendez-vous avec Auren au café Arts et Métiers dans le 3e arrondissement parisien, deux jours avant la sortie officielle de son « Numéro », réalisé par Calexico au pays de l’oncle Sam.

Un jour, une découverte

De l’univers d’Auren, je ne connaissais rien (mieux vaut tard que jamais) jusqu’à la réception de son nouvel album. Rien de son précédent disque « J’ose » sorti en 2013 chez Naïve (avant la fermeture de ce dernier) et sa tournée de plus de 2 ans où elle s’est retrouvée en première partie de plusieurs grands Artistes (Yodelice, Benjamin Biolay). Aujourd’hui il est question de son sacré Numéro, de la folk-pop à la française où « tout est permis ». Des ballades tantôt entraînantes, tantôt berçantes, un album sous forme de portraits de femmes, glanés au cours de ses rencontres. 11 portraits dans lesquels elle se retrouve, 11 chansons enregistrées live au studio Wavelabe à Tucson en Arizona.

Un « Numéro » qu’elle a pris la peine de m’expliquer, entre deux bouchées d’omelette, en cette journée de promo qui s’annonce chargée.

Lyon-Paris-Savoie

Dès son plus jeune âge, Auren s’exerce à la musique avec sa grand-mère comme prof de piano. Après une scolarité difficile, le chant devient son échappatoire. De petites scènes en passant par les bars et restaurants un peu partout à paris (où elle s’est installé en 2002 en provenance de Lyon), elle mène sa barque. Elle a la chance de faire les rencontres d’Astaffort, parrainé par Francis Cabrel, qui la prend sous son aile, ce qui lui permet de faire les premières parties de ses concerts. C’est à partir de là que tout bascule pour elle. L’écriture, la rencontre avec Romain Galland qui co-écrit ses chansons, tout s’enchaîne. « Après J’ose, j’ai fait deux ans de concerts, vraiment de belles choses et puis Naïve a fermé, ça a été un peu dure… » Une phase difficile durant laquelle elle rencontre son amoureux d’aujourd’hui (son Numéro 1), ce qui l’oblige à faire la navette entre paris et la Savoie, où elle profite de l’air frais pour écrire ses textes, en contact permanent avec Romain Galland.

L’astuce « Osée » avec Calexico

Le groupe de rock Américain Calexico est de passage à Lyon en 2016, où ils donnent un concert à l’Epicerie Moderne de Feyzin, un lieu où Auren a ses habitudes, grâce à sa belle programmation. Ayant eu vent de l’aide que le groupe avait déjà apporté par le passé, à d’autres artistes, elle ose une pirouette, sans réel espoir, qui va finalement porter ses fruits : « A la fin du concert, j’ai écrit une lettre sur un bout de table en leur disant à quel point j’aime leur musique et à quel point j’avais envie de travailler avec eux »

Auren. Photo : Ismael Moumin
Auren. Photo : Ismael Moumin

Une lettre qu’elle remet au guitariste en précisant que son rêve c’est de travailler avec Joey Burns et John Convertino. Il lui fait la promesse de la remettre aux autres membres du groupe (elle n’y croit pas trop sur le coup). Quelle ne fut pas sa surprise en ouvrant ses mails le lendemain, de découvrir un message de Joey, envoyé à 1h du matin, lui demandant si elle était toujours dans la salle ? Elle vit un rêve éveillé. Ils se verront dix jours plus tard à Berne, une rencontre qui scellera son sort : « We are In ». Bingo, son audace a eu raison d’elle, ils produiront son « Numéro »

Les 11 « Numéros » de son répertoire

Au départ, elle ne pensait pas dresser 11 portraits, des « sacrés Numéros » comme elle les définit. De 25 titres, elle en choisit 11 à la fin, qui vont se révéler être tous des portraits de femmes, qu’elle a dressé inconsciemment : « quand je me suis posée la question de savoir quel titre j’allais donner à cet album, je me suis aperçue que j’avais vraiment dressé des portraits de femmes et que c’était toutes des sacrés numéros. »

Pochette du "numéro" d'Auren
Pochette du « numéro » d’Auren

Des femmes qu’elle admire et en qui elle se reconnait comme Frida Khalo que les femmes de sa famille aimaient beaucoup pour sa souffrance qu’elle a su transposer dans l’art ou Simone Weil pour son combat.

Des femmes qu’on retrouve partout, des numéros comme, l’insoumise Jane qui pousse un coup de gueule contre le machisme « Moi, Jane, je prends les devants, femme fière, fille de mon temps », la rêveuse Edith « elle s’invente une aventure, elle caricature, elle s’invente sans mesure. », la pragmatique dans J’suis pas « et puis tant pis, j’épouserai pas Johnny ». Une gallérie de portraits où les hommes, même s’ils sont plus ou moins coupables des maux qu’elles dénoncent, pourront être sensibles, à l’exemple d’Emilio, que sa femme ne désire plus « elle n’aime plus le goût de la lèvre de son mari, ni son aftershave ». Pas question d’y voir un autoportrait, le titre qui se rapproche le plus d’elle, c’est plutôt « Oh mon amour », elle qui vit un amour « léger, profond et heureux », sans être toxique et sur lequel elle peut compter. Elle est prête à « lâcher les chiens » si jamais sa liberté est menacée.

Par amour pour le français

 Un album composé entièrement en français, ce qui peut être surprenant, quand la monde est à l’anglaise partout, mais une évidence pour elle « c’est ma langue maternelle, j’aime la langue française, je ne me voyais pas chanter dans une autre langue ». L’enregistrement a été particulier, à la manière américaine, sur des bandes analogiques, tout en live. Une exigence très forte, qui la pousse, à un moment donné, à douter d’elle-même « je n’y arriverais pas » se répète-t-elle. Le climat sec de l’Arizona aura raison de sa voix, puisqu’elle la perdra pendant trois jours, un vrai moment de panique. Un numéro joué pour avoir un peu de repos face à l’exigence Américaine ? ça mériterait une enquête plus approfondie. Mais à quoi bon ? le résultat de cette exigence parle de lui-même. Une réalisation de maitre couplé de textes bien écrits, qui donne une saveur particulière à ce Numéro de 11 femmes, porté par une voix chaleureuse, qui épouse parfaitement les 4 saisons (Pas celles de Vivaldi).

Après la sortie du disque, place aux concerts, qu’elle prépare en compagnie de ses deux acolytes Romain et Mathieu. Elle sera sur la scène des Trois Baudets à paris le 20 février 2019, un show qui s’annonce « tout doux, soyeux, acoustique, formule contre-voix, folk, guitare acoustique ». Elle me filera son numéro porte-bonheur (pas son 06) à la fin de l’entretien, le 19, qui elle espère lui sera favorable en ce début d’année 2019.

Plus d’infos

Auren, Numéro

Sortie : 1er février 2019

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Il traîne une maladie non handicapante depuis sa plus tendre enfance, ce qui fait de lui un Mélomane. Il prend son pied sur du rap, RnB et les musiques urbaines. L’art moderne et contemporain le fascine tandis que la littérature apaise ses vieux démons.
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